La solution au problème complexe d’équilibrage des cylindres.

     Journée tout à fait normale (à part que je me suis levé 9 minutes avant le départ de mon train. Cet appartement à 100m de la gare est décidément une aubaine.). Je finis mon sandwich un peu tard histoire de ne pas voir le temps passer après (l’affaire de deux heures tout au plus).
Et ben j’ai été servi.

14h, on me dit d’aller voir Untel (Non ce n’est pas un nom allemand. Untel vient du Kazakhstan et a la même moustache que Borat. Son véritable prénom a dû se perdre dans le flot avec les autres mots, comme la plupart des informations importantes en général.). Au début je croyais que c’était un stratagème sournois pour me faire préparer du café, comme à peu-près tous les jours à cette heure-là. Je n’ai pas arrêté de répéter « je n’ai pas compris … c’est une blague ? » pendant 5 minutes, Untie (on se connaît bien maintenant, je peux sortir le diminutif) a dû être un peu vexé.

Ce n’est apparemment pas une blague, donc je suis Unty. Chic, me dis-je, je vais enfin pouvoir découvrir d’autres parties de l’usine, ça étoffera un peu mon rapport de stage.

Untou s’occupe de l’équilibrage des cylindres autour de leur axe de rotation. C’est un problème assez complexe car il faut que la masse soit répartie équitablement autour de cet axe qui est idéalement, et comme le stipule d’ailleurs le dessin de définition, un axe principal d’inertie.
Évidemment.
La solution retenue, puisque les défauts d’équilibrage sont toujours les mêmes, c’est de percer un trou sur une des faces rondes et de ne le reboucher que partiellement. Une espèce de balance mesure les défauts d’équilibre. Avant, et après rebouchage. (Tiens, mon ordinateur ne connaît pas le mot rebouchage. Rebouchement ? Non. Rebouchure ? Non plus. Tant pis. Rebouchitude ? Faut pas pousser …).
On commence à sentir le coup foireux. Si, si, il sous-git, vous allez voir.
Un petit tronçon de métal est inséré dans le trou et le rebouche. Mais pour qu’il n’aille pas se loger au fond il faut l’arrêter en translation (on continue d’utiliser des mots un poil technique pour faire style ça l’est). On va donc créer une petite arête à son extrémité. Bon.

Et comment va-t-on faire pour créer ce petit relief ? Encore une autre machine très performante, très chère et peinte en rose ?
Non non non !!

Donc on y vient : mon boulot = taper avec un marteau sur les tronçons de métal pour en évaser un peu le bout. Et puis les découper à la scie électrique.
[Précision : l’étau dans lequel est coincé le tronçon de métal s’appelle Matador 160 ]

Mes horizons sont rejetés à l’infini. Je suis un autre homme. J’apprends tant de choses !

Et pourtant … au début mes bouts de métal étaient tout moches et inutilisables. Au bout d’une heure et demie à taper comme un bourin j’ai réussi à faire quelque chose de convenable.

Une seule crainte : et s’ils me demandent de continuer ça jusqu’à la fin du stage ? Va dire en allemand que tu préférerais rester au poste précédent parce que tu n’es pas sûr que le nouveau réponde totalement aux exigences du stage et offre un aperçu satisfaisant du monde ouvrier, en ce qui concerne l’appréhension et la gestion d’une chaîne de production au quotidien …

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