La bonne surprise c’est que le vendredi ils s’arrêtent à 14h. La moins bonne c’est que de toute façon il n’y a pas de bus pour rentrer avant 16h.

   À pied, ça se fait. Un petit kilomètre de l’usine à la gare, on traverse des champs de maïs aménagés avec des pistes cyclables. Ici si vous ne vous poussez pas au passage d’un vélo, il vous roule dessus.

Petit résumé de la semaine en images : je suis resté dans cette zone. J’espère pouvoir bouger un peu les semaines suivantes mais j’y crois peu. C’est pas plus mal parce que c’est l’ordre des choses : ils restent toujours au même endroit, eux.


(Premier plan : mes gants. Second plan, à gauche les plaques d’acier avant usinage, à droite les plaques usinées. Sur la gauche : Pimp-My-Machine-de-tournage-à-commande-numérique. On se demande ce qui leur est passé par la tête quand ils l’ont peinte. Ce truc coûte des dizaines de milliers d’euros et ils se débrouillent pour mettre la couleur la plus dégueulasse. Dans le fond il y en a des beaucoup plus stylées.)

Hier soir, toutes les trois minutes quelque chose faisait « bip » dans le salon. Je me suis dit que l’appartement allait sans doute s’autodétruire pendant la nuit. Que l’absence de ma logeuse prenait alors tout son sens. Et que le mystère qui entourait l’armoire noire s’éclaircissait soudain.
Ce voyage à Hambourg est de plus en plus dangereux. D’autant plus que j’ai oublié de vous dire que je frôle la mort tous les matins en mangeant l’unique tranche de concombre de mon sandwich beurre-Pute (==> on se calme et on clique ici).

Et puis ce matin plus de bip.

Il est presque 16h, je ne vais certainement pas rester ici sans bouger comme hier, d’autant plus qu’il fait très beau. Je pense aller voir le port et prendre quelques photos.

Alors à plus tard.

Vraie course de tous les instants, ma vie est totalement déchirée entre travail et sommeil. Je ne mange plus, ne donne plus de nouvelles. DÉSOLÉ, mais y’en a qu’ont du boulot : Les cylindres n’attendent pas.

     Encore un matin à arriver en retard : hier j’ai raté mon train parce que j’ai mal lu les horaires (ils pourraient pas écrire en français comme tout le monde ? Quoi, QUOI les chiffres ??), aujourd’hui parce que ledit train, que j’ai attrapé comme il fallait, avait du retard donc j’ai raté … mon bus. ICI un magnifique exemple d’une situation similaire, de surcroît très bien doublé. Les amateurs sauront apprécier (*).
Du coup, après une heure à dormir sur un banc à côté d’un clochard qui dormait pour de vrai, je suis arrivé à l’usine à 9h30. Les types commencent à 6h. J’arrive en plein dans leur pause, pour la seconde fois consécutive. (Quel dommage de ne pas bosser immédiatement ! J’avais pourtant mis mes belles chaussures à coque renforcée anti-chute-de-cylindre-en-acier-de-10m-de-long-et-3,5-tonnes !).

 

   Donc DIX HEURES, début du boulot. Les types des bureaux s’en tapent pas mal de l’heure à laquelle j’arrive, et c’est bien normal. Ni indispensable ni payé, je suis un peu là en touriste. -1 point pour le stage ouvrier.
Et puis comme je dois attraper un bus à 16h (celui-là je ne le rate jamais ! Marrant.), je m’arrête à 15h30. Ils s’arrêtent à 16h.
Entre deux cylindres je mange mon sandwich. Malheureusement il y a beaucoup d’ « entre deux cylindres ». J’ai réussi aujourd’hui à le faire durer sur deux « entre deux ». Mais pendant les autres … j’attends. Ah si, une fois j’ai fait du café.

Et malgré toute cette activité, j’ai réussi à ne rien avoir à dire sur ce blog hier. Pourtant, j’ai fait un très joli tour de quartier derrière le Rathaus. J’ai pris quelques photos, j’ai mangé un autre Fischbrötchen (Harengisation level #2). Et un petit hot-dog, aussi. Je deviens complètement allemand, à manger n’importe quoi n’importe quand. Je me prépare pour le level #3 dimanche, au marché au poisson. 

Et comme tout ça c’est quand même très fatigant, je m’arrête là.

   Word of the day hier : Kanton.
Ça veut dire … bon OK ce dictionnaire est naze. (Il m’a pourtant affiché un petit topo bonus sur l’organisation des cantons en Suisse, et m’a tiré d’une bien mauvaise posture quand j’ai du dire championnat tout à l’heure en parlant avec un ouvrier de la coupe du monde de football féminin, que les Allemands ont gagnée. Donc je lui pardonne.)
Word of the day aujourd’hui : Modeschmuck, n.m. HAHA on fait moins le malin maintenant !! Ça veut dire bijou (n.m.) fantaisie (n.f.). Très ambiance-mode, sensation-tendance, univers-beauté, tout ça. Exemple d’utilisation courante dans cette très belle performance de la femme à la voix aiguë qui rumine en parlant. Ou le contraire. Dans les deux cas c’est moche.
D’autre part, pour les mots du jour utiles, il y a Span (n.m., <¨-e>), qui signifie copeau. Encore faut-il le caser dans une conversation, celui-là.

(*) Effectivement, cet extrait de Scrubs (vous l’avez reconnu) ne présentait aucun intérêt. D’autant plus que cette série est presque complètement nulle.

P.S. : Ma logeuse est absente jusqu’à vendredi, j’ai très envie d’aller ouvrir l’armoire interdite. Je ne le ferai pas. Nous avons aujourd’hui les informations suivantes : algues séchées, bouddhiste, mangeuse convulsive au régime (lundi soir : me fait part de son envie subite de : glace puis gâteau puis fish n chips puis Mc Donalds. Beurk.), Nouvelle-Zélande, m…mu…musical. J’ai hâte d’en savoir plus !

MÉDITÉ !

VOILÀ le mot que je cherchais. Une conclusion méditée.

Je savais bien que ça commençait par M. Les seuls mots qui venaient étaient « mijoté » et « mariné« . Encore une petite fixation sur la bouffe.

[Vous pouvez quand même envoyer de l’argent.]

J’ai des airs de comédie musicale dans la tête, c’est insupportable.

Grandes premières.

     Premier jour à l’usine. Je suis agréablement surpris. Pour faire une conclusion hâtive : les Français devraient prendre exemple sur les Allemands à bien des égards. Sur la propreté de leurs usines (la conclusion hâtive) et sur leur sens de l’accueil (conclusion […]*). La première chose qu’on m’apprend à l’usine : où et comment faire du café ! Grande classe. Après j’ai percé des trous dans des plaques en acier. Mais ces quatre heures sont passées vraiment vite !  On verra s’il en est de même demain.

Première re-prise de confiance en mon allemand. Je sais dire cuivre, cylindre (de deux façons !), usinage (j’ai oublié mais ne le dites pas, je le saurai demain), fondre (idem), électrolyse (fastoche), euh …
À ce propos, je me félicite chaque jour un peu plus de cette application iPhone PONS-Dictionary que j’ai achetée (pour la modique somme de … 10€ … plus d’infos ici). Je découvre tout à l’heure la fonction « Word of the day ». Chic, me dis-je, je vais pouvoir apprendre du vocabulaire.
Mot du jour : « Lampion ». Et ça veut dire : … lampion. Échec.

Première galère de fric. Je vous passe les détails, mais retenons simplement que c’est au tour des Allemands d’avoir à apprendre des autres, en acceptant les vraies cartes de crédit dans les magasins/gares/bureaux de poste … Tout cela confirme la thèse du savoir vivre des Allemands.

J’ai gardé le meilleur pour la fin. Allez. C’est dur, mais faut que ça sorte. Premier …
MUSICAL. Ma logeuse a eu deux invitations parce qu’elle a traduit le programme en allemand. Je voulais y aller uniquement pour voir le Reeperbahn. Si j’ai la foi j’en parlerai demain, là c’est encore trop frais, c’est trop dur. Vraiment. (And the crowd goes « boooooh »… Ça y est, je suis contaminé.).

 

 

* Je bute sur ce mot depuis dix minutes. Si vous l’avez, n’hésitez pas à m’en faire part.
Ou à envoyer de l’argent.
Je ne viens pas de dire cela.

Pas question de raconter ma journée, je risque de m’ennuyer moi-même.
Mais alors de quoi parler ? Du fait de n’avoir rien à écrire ? Quelle ironie …

« Tu pourrais juste te la fermer, alors. ». Merci ! c’est sympa.

À vrai dire, je n’ai pas totalement rien fait aujourd’hui. Premier aperçu de la ville et de son ambiance, premier aperçu de mes limites linguistiques. Il n’y a rien de plus vexant/frustrant que :

– Hum … ist es … heu … poss möglich, der … das … die … heu … zunehm mitzunehmen ?
– …
– Nicht hier essen ?
– ??
– TAKE AWAY ??? [et merde.]

Sans parler du phénomène de l’anglais spontané : quand votre interlocuteur abdique à votre place et commence à vous répondre en anglais. C’est très décourageant. [ATTENTION : ne pas confondre avec le vrai concept d’anglais spontané]

 J’ai réussi à manger un Fischbrötchen (Harengisation level #1) sur la place de la Mairie, comme un vrai touriste. (Pas sûr d’être totalement un touriste en fait, parce que les Hambourgeois ont l’air de beaucoup aimer ces trucs.)

Un ami de mon père m’a fait faire un tour des environs en voiture. Le quartier du port (Hafen City) est un vaste chantier, des nouveaux buildings apparemment hors de prix (1400€ le mètre carré non meublé ? C’est possible ça ?) sortent de terre. Je suis sûr que ça dépend du côté : une partie chère, celle qui donne sur l’Elbe, et une partie cheap, celle qui donne sur le chantier dégueu. Parce que si c’est pour se taper les grues et les échafaudages, MERCI les 1400 balles !
Le port est vraiment impressionnant. Le Queen Elizabeth est passé. Ça doit transporter au moins 10 000 personnes, ces engins. Comment ça peut flotter ??? (J’ai la réponse.)

 Est-ce que tous les soirs ça va être l’angoisse pour se nourrir ? J’ai du faire deux fois le tour du quartier pour me décider à entrer quelque part, vaincre ma peur de l’anglais spontané et acheter quelque chose à manger. Dimanche soir, je suis pas aidé. Au moins j’ai eu confirmation que St. Georg est le quartier gay, plus aucun doute.

Bonus : Pavés qui bordent une église pas loin de chez moi. On ne le voit pas sur la photo mais les pavés forment une croix.

Demain, début du boulot. Plutôt confiant.

« Ils vont pas te manger ! » 
Bah non.

Les Anglais n’ont qu’à bien se tenir. Ici il pleut et c’est pas pour déconner. Et ce jusqu’à mardi ou mercredi. Charmants premiers jours. La métamorphose en poisson aura peut-être finalement lieu, qui sait ?

Ni cougar ni mamie-gâteau, ma logeuse est une dame dont je ne saurais dire l’âge. D’origine néo-zélandaise. Pour l’instant on parle anglais. Il va falloir que ça change parce qu’elle sera sans doute la personne avec qui je vais le plus parler.
Exemple : on est samedi soir, et vu le temps je n’ai aucune envie de sortir me balader. Cette situation risque d’être assez récurrente.

Un appart assez vaste, plutôt moderne, avec pas mal de bibelots divers. Des objets d’Océanie, des vieux flacons, des plantes… et posée sur un meuble, l’armoire noire. (cliquez ici pour l’ambiance).

Je me suis cru dans Barbe Bleue pendant un instant. Cette armoire va me faire rêver pendant un moment, je crois. Je vais peut-être même finir par l’ouvrir en pleine nuit. J’ai peur qu’une alarme se déclenche ou carrément qu’une malédiction s’abatte sur moi. Elle est sans doute un peu sorcière, la dame.

Et maintenant ? Je me suis décongelé une pizza. (Je ne sais pas trop comment la nourriture et les repas vont s’organiser. J’ignore ce qu’il va m’arriver demain matin.). J’ai du fouiller un peu partout pour trouver ce que je cherchais, comme tout le monde dans une nouvelle cuisine.
J’ai fait alors toutes sortes de déductions très intéressantes :

  • Elle surveille son poids. Des listes d’aliments collées aux placards avec pour chacun la quantité de quelque chose (graisse ?)qu’il contient. Très bien.
  • Elle se nourrit exclusivement d’algues séchées. (à quoi donc servent les listes ?)
  • À ça : elle accompagne ses dîners de baleine de sauces en tout genre : quark, bbq, peanut butter, etc. On peut d’ailleurs trouver plein d’épices sophistiquées comme un mélange fenouil/moutarde (ne me demandez pas si je sais comment on dit fenouil en allemand, j’ai juste senti le pot.) ou du «sel de l’Himalaya» (tu sais, celui qui n’a pas crépité – private joke). J’ai coupé une tomate en deux et ai mis du sel de l’Himalaya sur une moitié et du sel normal sur l’autre, et ben franchement …

Elle m’a gentiment montré le quartier. La gare est vraiment à deux pas. Ça tombe bien parce que deux pas étaient suffisants pour transformer mes chaussures en serpillères. C’est sûrement un chouette quartier quand il fait beau ! Cafés, magasins, Kunsthalle, lac …
J’irai sans doute au bord du lac un de ces jours et posterai quelques photos.

Ah oui, j’oubliais : mauvaise surprise, pas de Wi-Fi et sa clé Internet ne fonctionne pas sur mon ordinateur. J’ai du m’acheter 30 jours de wi-fi chez T-Mobile. Et pas moyen de se connecter à mon FTP et de publier cet article. Donc retour à l’infâme WordPress.

Une petite photo de ma piaule pour finir :

 

Funny fact : ce bâtiment s’appelle le Bieberhaus. Rien à voir, mais c’est marrant.


Je cherchais «herring» sur Google (j’ai toujours cette impression qu’en tapant en anglais j’obtiendrai de meilleurs résultats, mais c’est peut-être une connerie. Sûrement, même.) et je suis tombé là-dessus.
  • Première réaction :

(oui, je suis encore chez moi.)

  • Seconde réaction :

Hééé, ce sera l’image d’accueil de mon blog WordPress ! (parce que j’avais songé à WordPress d’abord, mais tout le monde s’en cogne.) Et puis retour immédiat à la première réaction.

  • Troisième réaction :

VITE, je vais voir de quelle site vient cette superbe photo ! Rien d’exaltant. J’apprends simplement que c’est une tradition norvégienne que de le manger comme ça. Ach so.

Alors ça restera là simplement pour décrire mon état d’esprit avant le départ. En Français on dit «avaler la pilule», non ? En Allemand je suis sûr qu’on dit «avaler le hareng».

Un truc du genre :  «Herringschmeckgenießenprüfungkartoffelsalathamburger»

Je vais habiter chez une (vieille ?) dame. Ça fait partie du charme du voyage. J’espère qu’elle est gentille et qu’elle cuisine bien (voilà, c’est dit.). J’espère aussi qu’elle me foutra la paix quand il faudra. J’espère surtout avoir accès à Internet là-bas.

Je suis comme un petit enfant qui s’angoisse parce qu’il ne sait pas trop ce qui l’attend. En fait ce gosse a une longueur d’avance sur moi : dans un mois, c’est à mon tour de bouffer le hareng tout seul comme un grand ! Photo à l’appui, j’essaierai d’y penser.
En attendant je songe à ce qu’il va me falloir pour finalement me sentir comme un poisson dans l’eau, un bon gros hareng qui nage dans son élément.

Valises ce soir. Avion demain. Je commence le boulot lundi. Rendez-vous demain pour le décor.